Pause Santé n°9 - Mai - Juin 2010

Publié le : 25/05/2010

Thèmes : Pharma Référence, Viadys

50 % des hommes sont des femmes

Ce slogan féministe des années 70 est aujourd’hui légèrement dépassé puisque 52 % des Français sont des Françaises.

Sur le plan des inégalités, la situation a pourtant peu évolué. Les salaires des femmes sont toujours inférieurs d’environ 25 % à ceux des hommes. Les femmes représentent 55 % des diplômés et n’occupent que 27 % des postes d’encadrement, 10 % seulement d’entre elles sont des cadres dirigeants. Elles ne sont que 9 % à être présentes dans ces hauts lieux de pouvoir économique que sont les conseils d’administration.

Pour rétablir l’équilibre, l’assemblée nationale vient d’adopter une proposition de loi instaurant 40 % d’administratrices dans les entreprises publiques et les sociétés cotées d’ici 6 ans. Si le système des quotas peut apparaître à première vue insultant pour les femmes, force est de constater que les pays qui l’ont adopté ont vu grimper en flèche la représentation féminine.

La cause est évidemment juste, mais inscrire dans une loi la parité comporte d’autres risques, celui par exemple de figer la différence homme/femme ou d’apparaître comme une mesure alibi en regard de toutes les autres discriminations. il n’existe pas a priori chez les femmes de désintérêt pour la direction d’entreprise ou pour la chose publique.

En revanche, il existe une redoutable misogynie dans la classe politique française. Comme l’explique la philosophe Elisabeth Badinter « le combat majeur qui reste à mener est le partage des tâches familiales et ménagères. Un combat long et difficile, parce qu’il relève non de la loi, mais des mentalités et de la vie privée. »

Le cabinet de conseil Mac Kinsey* dans un rapport récent affirme que les sociétés qui emploient des femmes à des postes de direction sont plus performantes économiquement. Une seconde étude** française enfonce le clou, les entreprises du CaC 40 qui comptent plus de 35 % de femmes cadres seraient plus rentables, auraient une meilleure productivité et créeraient plus d’emploi. on peut légitimement s’interroger avec la ministre travailliste britannique Harriet Harman : « Que se serait-il passé si Lehman Brothers s’était appelé Lehman Sisters ? »

L’idée est à la mode mais personne ne peut affirmer que les femmes auraient évité une crise financière ni qu’elles seront le remède à la sortie de cette crise. Les femmes auront besoin des hommes pour faire sauter le « fameux plafond de verre ». Parions plus simplement sur le duo gagnant d’une réelle mixité.




Fabienne Attali
Directrice de la Rédaction